Nous avons appris avec une grande tristesse le décès brutal et inattendu du Professeur Laurent Baud, à l’âge de 77 ans.
Il a consacré l’essentiel de sa vie professionnelle à la physiopathologie rénale à l’Hôpital Tenon (Paris).
Après des études de médecine à Genève et spécialisé en pneumologie, Laurent Baud a rejoint l’Hôpital Tenon en 1979 comme assistant de physiologie à l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC).
Il a été nommé maître de conférences en physiologie en 1983, avant d’effectuer en 1986 un séjour de recherche à l’Université de Californie à San Francisco. Il a été nommé PU-PH en physiologie en 1989. Il a créé, entre autres, une unité d’enseignement de master de physiopathologie clinique et a marqué par son enseignement de la physiologie plusieurs générations d’étudiants.
De 1996 à 2014, il a dirigé le Service des Explorations Fonctionnelles Multidisciplinaires de l’Hôpital Tenon, succédant au Pr Raymond Ardaillou. Il a créé une structure d’hôpital de jour, et a préservé une structure originale associant un hôpital de jour d’Explorations Fonctionnelles et un laboratoire de biologie médicale reconnu pour sa spécificité dans l’exploration des troubles du métabolisme phosphocalcique, des désordres hydroélectrolytiques et de la lithiase.
Chercheur passionné, Laurent Baud a animé une équipe de recherche durant toute sa carrière dans l’unité de recherche mixte INSERM/UPMC-Sorbonne Université (anciennement U489, U702 puis UMR S 1155) de l’hôpital Tenon. Il a encadré de nombreux élèves en thèse de science, physiologistes, néphrologues, pneumologues, réanimateurs, pédiatres, scientifiques, dont beaucoup ont poursuivi des carrières universitaires à Tenon ou dans d’autres hôpitaux.
Ses recherches, toujours menées avec rigueur, ont été focalisée sur l’inflammation et les mécanismes de réparation rénale. Il a exploré en profondeur les mécanismes impliquant les dérivés réactifs de l’oxygène, les eicosanoïdes, ainsi que les cytokines, notamment l’IL-10. Une part majeure de sa carrière fut ensuite dédiée à l’étude approfondie des calpaïnes, des protéases intra- et/ou extra-cellulaires, éclairant leur rôle dans plusieurs processus physiopathologiques.
Membre de la Société de Néphrologie, de l’International Society of Nephrology et de l’American Association of Immunologists, il a siégé au comité éditorial de la revue Kidney International et a été président du Comité CSS5 de l’INSERM de 2003 à 2008.
Laurent Baud était un homme dont la parole était toujours réfléchie et qui faisait preuve d’une grande bienveillance envers ses collègues et élèves. Sa curiosité intellectuelle vive jusqu’à la fin de sa carrière, ainsi que sa rigueur dans la pratique de la recherche, ont été des sources d’inspiration pour ses élèves et ses collègues médecins et chercheurs, ainsi que pour les techniciens et techniciennes du service Explorations Fonctionnelles Multidisciplinaires et de l’unité INSERM.
Sa présence discrète mais essentielle, ainsi que son humour, manqueront profondément celles et ceux qui ont eu la chance de le côtoyer.